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Exchange to change

Le CRIJEsch a été porteur d’un projet d’échange européen Erasmus +, en collaboration avec le département de Mayotte, en France.
Du 10 au 20 août, 12 jeunes luxembourgeois et leurs encadrants se sont rendus à Mayotte.
Du 26 décembre au 5 janvier, ce fut à notre tour d’accueillir 11 jeunes mahorais et leurs encadrants au Luxembourg.
Ce projet a permis à des jeunes d’aller à la découverte d’une partie de l’Europe fortement opposée du point de vue géographique, culturel, climatique, social et économique, mais liés entre eux par leur appartenance commune à l’Europe.
Être citoyen de l’île de Mayotte en plein milieu de l’Océan Indien, ne rime pas forcément avec le fait de de voir la mer comme un lieu de découverte ou de détente. Pour un grand nombre de jeunes, la mer permet de subvenir aux besoins alimentaires avant d’être un espace de.  La découverte du milieu marin avec les jeunes luxembourgeois a permis aux jeunes mahorais d’avoir un autre regard sur leur environnement.
Mayotte est un département français depuis 2011. C’est aussi le plus jeune de France puisque 60 % de la population a moins de 18 ans. La population mahoraise est issue d’un métissage entre les populations d’origine bantoue et malgache et les différentes vagues d’immigration. Les mahorais sont musulmans, et ont des croyances malgaches en plus.
Mayotte connaît une forte immigration clandestine en provenance des Comores. Les comoriens, vus comme boucs émissaires des difficultés de Mayotte a été à l’origine de mouvements sociaux très violents au printemps 2016.
C’est dans ce contexte que nous sommes arrivés à Mayotte en août.
Les jeunes luxembourgeois ont découvert les joies de la mer et de ses animaux (tortues, dauphins…), des plages paradisiaques, du soleil… Ils ont réalisé aussi à quel point l’île était laissée à l’abandon. Les infrastructures sont insuffisantes, il y a très peu de travail et une très grande misère. C’est sale : les déchets sont jetés partout, les carcasses de voiture pourrissent au bord des routes. Les traditions pèsent lourd sur le quotidien de certains jeunes qu’ils ont rencontré. La criminalité est très importante.
De l‘autre côté du monde, la société postindustrielle du Luxembourg a donné l‘opportunité de découvrir ensemble, luxembourgeois et mahorais, le Bassin Minier comme un espace de reconversion des friches industrielles et de ses nouvelles affectations, montrer des projets et des sites culturels aux jeunes. Des jeunes luxembourgeois ont eu l’occasion de découvrir eux aussi cette partie de leur histoire et de leur patrimoine qu’ils ne connaissaient pas.
Les jeunes mahorais ont pu découvrir les offres de loisirs que les luxembourgeois connaissent bien et qui sont absentes à Mayotte (bowling, cinéma, laser game…), les joies de la neige, mais également le froid, le fait de devoir rester enfermé à cause du temps, l’isolement des gens dans nos sociétés dites modernes, les frustrations liées à des objets de consommations omniprésents et que l’on ne peut pas forcément s’offrir…